J'affirmais, dans mon dernier ouvrage, que le Philogelos est une des sources dont sont issues les anecdotes Nasreddiniennes. Et en ai donné pour preuve l'anecdote de l'intellectuel vendant sa maison.
Pour mémoire, cela donne ceci :
Aujourd'hui, nouvel exemple :
18 : Un homme achète un esclave, qui meurt peu après. Quand il va se plaindre auprès du marchand d'esclaves, celui-ci lui rétorque :
« Pourtant durant tout le temps où il m'appartenait, je vous assure qu'il ne lui est jamais arrivé de mourir ! »
Et voici la version Nasreddinienne :
Nasr Eddin a réussi à vendre son vieil âne, mais, quelques jours plus tard, l'acheteur revient furieux en se plaignant que l'animal vient de mourir.
-- Tu m'étonnes beaucoup, lui répond le Hodja, car avec moi, il s'est toujours bien comporté. Tu n'as sûrement pas su t'y prendre avec lui. (J.-L. Maunoury, Sublimes paroles et Idioties)
Et encore un :
142 : C'est un médecin qui soigne un homme spirituel qui souffre des yeux : tout en lui mettant de la pommade sur les yeux, il lui vole une lampe. Un beau jour, le médecin lui demande :
« Comment vont vos yeux ?
-- Depuis que vous m'avez traité, répond l'homme, je ne vois plus la lampe... »
Et la version Nasreddinienne :
Nasr Eddin n'a plus du tout de bons yeux. La plupart du temps, une sorte de brouillard vient s'interposer entre lui et les choses.
Un soir, il a subitement l'impression que son mal s'est aggravé. Très inquiet, il fait appeler le médecin, lequel, après l'avoir bien examiné, lui applique quelques gouttes de collyre. Puis, la nuit étant complètement tombée, l'homme de l'art s'en va en empruntant à Nasr Eddin sa lanterne.
Quelques jours après, les deux hommes se rencontrent dans la rue, et le médecin demande à son malade si le médicament a été efficace.
-- Je ne sais pas, répond le Hodja, car le jour j'y vois mieux qu'avant, mais la nuit, en revanche, je n'y vois absolument plus rien. (Ibidem)
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