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Sérendipidité & Ultracrépidarianisme

Sérendipidité & Ultracrépidarianisme

*balades en absurdie - instantanés - portraits - réflexions sur le temps - exalter l'expertologie *


Le Struthof

Publié le 25 Mai 2021, 22:34pm

Beaucoup de gens ont entendu parler des camps de concentration. Des films comme "Shoah" dans les années 70 ont beaucoup contribué à faire connaître le sort des Juifs pendant la décennie 1930, puis pendant la 2ème guerre mondiale, laquelle je précise pour les candidats de "télé-réalité" (comme on dit "réalité augmentée"  - ah ? bon...), s'est déroulé entre septembre 1939 et août/septembre 1945.

Une période où des pays comme la Suisse ne sont pas montrés très regardants quant à la provenance des fonds et des biens enfermés dans leurs coffres - sans doute parce qu'ils en savaient parfaitement l'origine - neutralité oblige ? Une période à l'issue de laquelle, la Grande-Bretagne, après les accords de Yalta, a octroyé aux rescapés des camps et autres israélites la jouissance de la Palestine dont elle était mandataire (bref, une sorte de colonie, comme la France avec le Liban).

Des photos d'archives montrent les rescapés massés sur le pont de bateaux, implorant qu'on leur accorde enfin une terre de paix - on sait, depuis 73 ans que cela dure, ce qu'il est advenu de leurs pieuses intentions (je ne commenterai pas plus outre).

Ce que l'on sait moins, en revanche, c'est que des camps de concentration existaient déjà en France, dès 1936, pour accueillir notamment des Espagnols Républicains exilés de leur pays par la dictature de Franco, dictature appuyée par qui ? par l'Allemagne nazie pour les armes, et en sous-main par certains pays "républicains" de l'ouest européen.... Les gens du Sud-Ouest de la France pourront témoigner (pour les camps).

Quant au Struthof, à la fois camp de concentration et d'extermination, il a été construit dès le début quasiment de la guerre, en 1941, dans les hauteurs vosgiennes de l'Alsace. Je l'ai visité, dans les années 1980. Une odeur prégnante, notamment au niveau des fours crématoires (on voit que J-M. LePen ne l'a pas visité avant de commettre son jeu de mots douteux au sujet de Durafour). J'y ai vu, notamment, des lycéennes allemandes, effondrées, assises sur les marches du local, à pleurer une culpabilité qui n'était pas la leur.

Plus récemment, en voyage à Cracovie, en Pologne, avec mes fils, j'ai voulu visiter le camp tout proche d'Osiewicz, alias Auschwitz. Mais une partie acharnée de wargame en ligne pendant toute la nuit avec leurs copains les ayant empêché de se lever à une heure décente, nous sommes arrivés bien après midi aux portes du camp, où une queue monstrueuse attendait, alors que nos estomacs criaient famine. En tant que père de famille, responsable mais faible (à la réflexion), j'ai renoncé, alors que la faim leur aurait été une bonne leçon pour les rapprocher de la souffrance de tous ces prisonniers privés de liberté puis de vie. A la réflexion, je crois que ça les aurait marqués - peut-être - un peu plus profondément que de voir simplement le portail qu'on entrevoit dans tous les films sur ce sujet, frappé de sa maxime "Arbeit Macht Frei".

Si donc aujourd'hui je me montre parfois insistant lourdement, parfois virulent, c'est tout simplement parce que je ne veux pas que ces choses-là ressurgissent, même sous prétexte d' "impératif sanitaire".

PS : Je précise enfin qu'il n'y a pas que des Juifs qui ont péri dans ces camps, bien que majoritaires. Il y avait aussi principalement des tsiganes, des homosexuels, des communistes, ainsi que des droits communs

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