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Sérendipidité & Ultracrépidarianisme

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*balades en absurdie - instantanés - portraits - réflexions sur le temps - exalter l'expertologie *


Avianus

Publié le 26 Avril 2021, 15:25pm

Catégories : #Culture

Avianus

C'est avec une certaine surprise que j'ai pu constater hier, alors que je regardais machinalement les statistiques de mon éditeur, que quelqu'un s'était laissé allé à acheter ma publication sur Avianus. Le peu d'expérience que j'ai acquise jusqu'à présent me prouve que les gens préfèrent le support papier au format électronique. C'est pourtant un moyen de découvrir une œuvre ou un auteur à un coût moindre ; mais bon, comme disent les proverbes : chacun voit midi à sa porte et cordonnier est maître chez lui.

Je me résous cependant à vous le présenter, car il mérite votre attention, comme il a attiré la mienne, même s'il est moins connu qu’Ésope (quoique, au Moyen-Âge....). Puisse cette présentation vous ouvrir l'appétit de le découvrir

 

Avianus (Flavius Avianus de son nom complet) est un poète romain tardif ayant probablement vécu à la fin du IVe et au début du Ve siècle.

Il serait l'auteur de 42 fables en vers élégiaques, imitées - ou inspirées - d'Ésope. Ces fables étant dédiées à « Theodosius », on a pensé qu'il s'agissait de Flavius Ambrosius Macrobius Theodosius (c'est-à-dire Macrobe). Les recherches récentes tendent à assimiler le fabuliste Avianus au personnage d'Avienus1 présent dans les Saturnales de Macrobe : la petite différence de nom aurait pour origine une erreur dans la transmission manuscrite des Fables d'Avianus, dont le vrai nom serait donc Avienus (leçon que proposent certains manuscrits des Fables). L'identification parfois proposée d'Avianus avec l'auteur inconnu de la pièce de théâtre Querolus n'a généralement pas été retenue.


Presque toutes les fables se trouvent dans Babrius, qui était probablement la source d'inspiration d'Avianus, mais comme Babrius a écrit en grec, et qu’Avianus parle d'avoir fait une version élégiaque à partir d'une copie latine approximative, probablement une paraphrase en prose, il n'était pas redevable à l'original. La langue et le mètre sont dans l'ensemble corrects, malgré les écarts par rapport à l'usage classique, principalement dans la gestion du pentamètre. Les fables devinrent bientôt populaires comme livre d'école. La promythie et l'épimythie (introductions et morale), les paraphrases et les imitations étaient fréquentes, comme le Novus Avianus d' Alexandre Neckam (XIIe siècle).
Son nom apparait au Moyen-Age sous la forme d’Avionnet (Ysopet ou Isopet d’Avionnet - Première rédaction : première moitié du XIVe siècle ; seconde rédaction : Jean de Chavenges aurait rédigé cette version offerte à la reine Jeanne de Bourgogne, entre 1339 et 1349).

 

(1) A noter qu’Avienus ou Aviénus (Rufus Festus Avienus de son nom complet) est un haut fonctionnaire et poète latin du IVe siècle (305 ?- 375 ?), né à Volsinii (Bolsène) en Étrurie, sous Théodose Ier (379-395 Il favorise la conservation et la diffusion des textes et traditions classiques.

    Fable : LA PAYSANNE ET LE LOUP
Un jour, une paysanne dont l'enfant pleurait l'avait grondé en le menaçant, s'il ne se taisait, de le faire manger par le loup féroce. Un loup trop crédule entend ces paroles et reste à la porte, montant la garde et faisant des vœux inutiles. Car, cédant à la fatigue, l'enfant tombe dans un long sommeil et ôte ainsi au ravisseur jusqu'à l'espoir d'assouvir sa faim. Quand il regagna sa retraite dans les forêts et que la louve son épouse le vit rentrer à jeun :
    • Pourquoi, lui dit-elle, ne rapportes-tu pas de butin, comme d'habitude ? et pourquoi as-tu cette face défaite, cet air déprimé et renfrogné ?
    • Ne t'étonne point, répondit-il, si, trompé par une méchante ruse, j'ai pu à peine, hélas ! me sauver sans rien dans les dents. Car, de quelle proie, effrontée, de quel espoir même pouvais-je me repaître, quand par ses gronderies une nourrice me payait de mots ?
Que celui-là se sente ici visé et désigné qui a eu foi à la parole d'une femme.

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