Qui était Babrios ?
C’est une excellente question. Pas tout à fait rien, mais on sait très peu de choses en fait.
A commencer par son nom : Babrius, Caius Julius - on trouve aussi les graphies Babrio, Babrios/ Βάβριος ou Vavrios, ou Babrias (Βαβρίας) voire Babréas/ Βαβρέας pour le nom de ce poète. J’ai trouvé les occurrences Gavrias ou Gabrias, Valerius/ Βαλέριος (Catalogue général de la BNF).
C'est lui qui réécrivit a posteriori les fameuses fables imaginées par Ésope, avec la forme sous laquelle celles-ci nous parvinrent, c'est-à-dire en vers choliambiques grecs (ΒΑΒΡΙΟΥ ΜΥΘΙΑΜΒΟΙ ΑΙΣΩΠΕΙΟΙ ou Babriou mythiamboi aisôpeioi ; Babrii fabulae iambicae).
On ne sait presque rien de sa vie ni de sa patrie, même si la Syrie fut présentée comme l'hypothèse la plus vraisemblable pour ce probable Romain hellénisé : l'élégance de sa diction a fait croire qu'il vivait du temps de Bion de Moschus mais il est plus probable qu'il ait vécu au IIe ou au IIIe siècle de notre ère, bien que cette dernière proposition soit davantage controversée. De même, selon Sommer, ce qui n'est pas douteux, c'est qu'il était Grec de naissance, et non pas Romain ainsi qu'on l'avait longtemps supposé. Selon les données du Congrès américain enfin, il daterait de la fin du Ier siècle de notre ère.
En effet, selon Philippe Renault, dans la dédicace du second livre de fables il est clairement mentionné que Babrius était le précepteur du fils d'un certain « roi Alexandre ». Selon Lachmann, ce roi Alexandre, dont il est question, ne serait pas l'empereur Alexandre Sévère (222-235), comme l'avait d'abord pensé un savant critique, puisque à peu près à l'époque de la naissance de ce prince le grammairien Dosithée faisait déjà usage des fables de Babrius ; mais ce serait plutôt un arrière-petit-fils d'Hérode le Grand, du nom d'Alexandre, établi par Vespasien, au témoignage de Josèphe (Antiq. Jud. XVIII, v, p. 886), roi d'une partie de la Cilicie. Cette conjecture est d'autant plus plausible que nous retrouvons dans la facture des vers de Babrius à peu près les mêmes licences que se sont permises vers le même temps les choliambographes des Romains, Martial, Perse et Pétrone.
Pour conforter cette thèse, ajoutons qu'aucun autre roi Alexandre vivant en Syrie ou dans les environs n'a été identifié à ce jour, que ce soit au Ier ou au IIème siècle de notre ère.
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