Décidément. Je me rends compte chaque jour que je vieillis, et je n'aime pas ça. Passons sur mes rhumatismes, douleurs diverses, et autres désagréments ; comme je relevais un jour à mon pharmacien : passé un certain âge, un signe de bonne santé, c'est quand chaque jour on a mal autre part (au passage, une pensée émue à toutes les victimes de la vaccination, qui se sont découvert des pathologies inusitées - et que la "science" officielle considère comme insolites, et sans cause connue aucune).
Non, ce qui me chagrine bien plus, c'est de m'apercevoir que je deviens bougon, râleur - aigri dirait Monsieur mon frère, qui a la science infuse, lui aussi, en sachets quotidiens, avec son Five o'clock teasane.
J'étais critique, certes, et j'assume bien. Comme je dis(ais) : je sais reconnaître ce qui va bien de ce qui va mal, ce n'est tout de même pas ma faute s'il y a plus de mal que de bien ! Serait-ce donc cette médiocrité ambiante qui nous envahit et m'étouffe (les autres, je ne sais pas, chacun son cas) ? Mon ex avait un comportement, entre le point trop n'en faut, et le mieux est l'ennemi du bien. Bien sûr, si je n'ai pas inventé cette seconde expression, je l'ai faite mienne - du moins officiellement, en signe de bonne volonté et de compromis, éternel perfectionniste que je suis. Comme disait toujours mon ex : la perfection n'est pas de ce monde (je sais bien, sinon ce n'est pas toi que j'aurais épousée, connasse !).
Je veux bien, mais il ne faut pas tomber dans le travers inverse non plus - de Charybde en Scylla, disaient nos anciens - et les lettrés. En ce qui concerne mon ex, ce n'est pas le sens de la perfection qui l'étouffait, ni l'excès de scrupules. Une honnête moyenne, dirait-elle. Bref, peut-être pas l'absolue médiocrité, mais juste en-dessous, avec un effort presque la moyenne. En 15 ans de vie commune, je ne l'ai jamais vue cirer la moindre chaussure, ni repriser le moindre vêtement.
Mais pourquoi vous dis-je donc cela ? Parce qu'en ce moment, les contrariétés s'accumulent, et c'est la cerise qui fait déborder le vase. 1er cas : J'ai commandé des tatanes pour l'été : 2 paires différentes, mais à la même taille, la mienne, du 44. Je reçois bien les deux paires, mais elles sont a) du même modèle et b) une paire en 39-40. Je réclame, le gars me dit : tu gardes la paire et t'en commandes une autre, je te ferai un rabais. En d'autres formes : tu assumes la connerie que j'ai faite, je me fous de ce que tu vas en faire (un chapeau, peut-être ?), et tu raques à nouveau. Prends-moi pour un con, j'adore ça.
2nd cas : pour pallier mes douleurs dorsales et mon mauvais sommeil, je me suis décidé à commander un nouveau matelas. Bon, on va sauter sur les détails bassement matériels, comme les frais de livraison cachés. Le gars, il me dit : colis envoyé. Second message, dans les 5 jours suivants : le n° est le tant et non le tant. Oui ? et ça veut dire quoi, en clair ? parce que tes questions de références internes, ce n'est pas mon job, mais le tien, et, en principe, quand on cherche à communiquer, on expose les faits de façon claire (sinon, je pète, et tout le monde comprend, n'est-il pas ?). 2 jours encore plus tard, le mec, ne se fait toujours pas chier, message : on s'est trompés dans le colis, refusez la livraison, on vous en envoie un autre (encore heureux, le bon cette fois-ci, j'espère). Par retour de mail, via le site du vendeur, je lui dis : puisque vous le savez, contactez le livreur, pour qu'il ne se déplace pas pour rien.
Et, devinez quoi ? ce matin, le livreur se pointe, et me tire hors du lit. La tête dans le gaz, je descends. Le livreur, sympa, m'a porté le colis jusqu'à ma porte. Je recherche une référence sur les étiquettes, comme m'a dit le vendeur. Des références, ou des séries de chiffres, il y en a, des tonnes même, chacun rajoute la sienne, comme les bidasses en perm gravaient leur nom sur les arbres ou les monuments. Mais aucune qui ressemble, de près ou de loin à de l'alphanumérique comme indiqué. Le livreur, toujours sympa, discute, attendant que je lui signe le bon de livraison. Moi, j'émerge petit à petit, au fur et à mesure que le soleil que j'ai en pleine face et l'énervement commencent à me chauffer. Puis je réalise : le colis m'arrive à la taille, alors que j'avais commandé un matelas de 140. Il aurait donc dû, logiquement, m'arriver au niveau des aisselles, au moins. Je lui dis donc qu'il n'y a pas à péter, rien qu'au niveau de la taille de l'objet, on voit que ce n'est pas le bon. Le livreur rigole, mi-figue, mi-raisin.
Je vois son bon de livraison trembloter dans sa main, attendant ma signature pour le libérer. Je lui explique donc que je vais refuser, et l'inscris au fur et à mesure, suite recommandation du vendeur, pour erreur. Je lui demande s'il est venu exprès, il me fait : oui, et même un sacré détour. Et là, je relève que le colis, outre les références, comporte des code-barres et un QR code. Il est donc censé être tracé. C'est bien la peine de nous faire chier avec toute leur technologie normative et répressive, si le clampin de base ne fait pas son boulot ! En pétard, donc, mais pas contre le livreur, qui s'est montré adorable. Je lui répète que je suis navré pour lui. Il comprend, heureusement. Ne pouvait-on pas s'éviter tout ce stress inutile ?
3ème et dernier cas, il y a quelques heures à peine. La caissière scanne au fur et à mesure les articles de mon chariot que j'ai déposés sur son tapis. Son attention est attirée vers ses collègues, aux environs, elle n'est pas avec moi. Pas grave, je ne comptais pas l'épouser non plus. "Sandrine, je relève, ça sent les années 70-80.. - C'est toujours un joli prénom, rétorque-t-elle". OK, j'ai compris. Je me tais. Arrivée aux fruits et légumes, elle pèse. Je lui fais remarquer que j'avais déjà fait le nécessaire, et collé les étiquettes idoines. Je fais mon boulot, riposte-t-elle. OK, j'ai compris, fais-toi plaise, des fois que tu trouves 1 gramme de différence entre la balance et la caisse. Moi, je me ferme ma putain de grande gueule, et j'emballe les trucs que tu jettes à la volée, mais hors de portée pour un petit vieux impotent.
Elle me demande ma carte. Je lui dis que j'ai un avoir dessus, et lui demande de le défalquer. Je la vois avoir un redressement de buste, comme un haut-le-corps. Je n'ai pas à me justifier, ni à laisser mes sous au crédit de ton enseigne, je fais ce que je veux de mon fric, et je t'emmerde comme tu m'as montré que tu m'emmerdes au cours de ta prestation. Puis elle me déroule le ticket, pour me montrer une réduction qui n'est pas apparue lors du scannage. Je vois en-dessous, la mention : Doudou soigne votre panier contre l'inflation, ou un truc ronflant du genre, je lui demande à quoi correspondent les 6 centimes mis en exergue (sur 200 balles, c'te blague ! du vrai foutage de gueule, quand on voit les prix dans les rayons - huile d'olive à pas moins de 6€ le litre, par exemple). Et là, elle me commence une pantomime - heureusement qu'elle était coincée derrière sa caisse, sinon elle m'aurait exécuté une danse du scalp : ouais, me fait-elle, les gens nous parlent de l'inflation, que tout augmente, voilà la réponse.
Je comprends qu'elle en ait peut-être marre d'être agressée sur la cherté des prix, pour laquelle, à son niveau, elle ne peut strictement rien. Je compatis même. Sauf qu'en l'occurrence, j'ai posé une question ouverte, absolument pas une accusation, ni ne l'ai prise à partie - bien qu'elle l'eût sans aucun doute mérité pour sa prestation - médiocre, elle aussi, comme ce qui précède.
Je croyais que les caissières étaient recrutées au niveau bac+2 ou 3 minimum ; elles savent bien s'en plaindre, du reste. Je peux te dire qu'elles sont autant connasses que ma boulangère et celles qui n'ont pas le bac. La seule chose qu'elle a gagnée dans l'histoire, c'est qu'elle arrive à me faire encore passer pour un râleur (j'adore les histoires circulaires, où en conclusion, on retourne au début du propos).
Quant aux 6 centimes de Doudou sur mes 200 balles, son foutage de gueule, je le prends pour une insulte personnelle : enfoiré !
PS : encore des gens avec des masques en grande surface, surtout parmi les caissières...
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