Je suis allé dans la bourgade voisine, pour quelques soins. Le praticien (apparemment dans la soixantaine) m'a demandé :
- Vous êtes vacciné ?
- Non, et vous ?
- Oui. C'est que vous avez peur, m'assène-t-il.
Comme cela se passait au fil de la discussion, et que je n'y ai vu aucune agressivité, j'ai relevé le gant, sur le même ton badin:
- Ce serait plutôt vous qui avez peur, non ?
- Moi, rectifie-t-il, je ne suis ni scientifique, ni très pointu sur la question ; mais j'entends autour de moi des gens bien placés, qui me disent : vaccine-toi, cela vaut mieux. Or comme, en plus de ma clientèle, je m'occupe de ma mère, qui est vaccinée elle aussi....
C'est un point de vue qui se défend, d'autant plus qu'il est présenté sans passion - je dirais même plutôt avec une grande résignation. Je lui ai fait part de mon respect, et n'ai pas porté de jugement, lui rappelant simplement que chacun était libre de disposer de sa personne. Chose dont il a convenu.
Ça nous change des blaireaux au neurone orphelin, tel celui qui m'a traité gratuitement d'assassin (celle-là, j'avoue, elle a beaucoup de mal à passer, bien que j'en aie essuyé des injures, au cours de ma carrière - un de ces courageux est parti en courant ; j'ai tapé du pied derrière lui, comme on fait pour chasser un chat ou un chien importun, il a pressé le pas).