Analyse du graphique : Le ministère du travail vient de publier les statistiques de représentativité syndicale sur la période 2017-2020 telles qu'elles ressortent des différentes élections professionnelles dans les entreprises.
Ces résultats confortent la CFDT dans sa position de première organisation syndicale dans le secteur privé. Mais ce n'est pas tant parce que la CFDT progresse (elle recule au contraire) que parce que la CGT perd encore plus de voix.
Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois...
Parlons aujourd'hui d'une expérience personnelle vécue au début de la décennie précédente. Alors que j'étais encarté au SNUI depuis belle lurette (depuis mon entrée au Ministère, en fait, car ils m'avaient épargné une mutation en Seine-St-Denis [déjà à l'époque, on voulait m'y caser] et obtenu un rapprochement familial, mon aîné étant encore dans les couches...), j'ai été contacté au téléphone par un des responsables locaux. Il m'informait que la CFTC n'avait pas de représentant dans le département, et me proposait d'y postuler.
On va me trouver un peu soupe au lait, je le concède bien volontiers, mais j'ai été doublement choqué. Je n'ai pas manqué de le lui dire, au cours de cet entretien, qui a duré pratiquement une heure, tant il était persuadé qu'il arriverait à me convaincre - et j'étais, à l'époque, encore assez courtois pour ne pas l'envoyer chier et raccrocher.
D'une part, que mon syndicat vienne à la pêche pour m'enrôler dans les rangs des gars d'en face. Un peu comme si le Parti Coco m'engageait à signer chez Marine.... - ça ne choque personne ? ah ! bon, excusez-moi de demander pardon alors.
D'autre part, à l'extrême rigueur, je voulais bien servir de transfuge, pour le bien commun (alors que jamais aucune responsabilité syndicale ne m'avait été confiée par le passé, et que mon dossier avait toujours été timidement, pour ne pas dire piètrement, défendu), mais j'achoppais sur le C final. Non seulement je ne suis pas croyant, et c'eut été me faire une grande violence, mais je ne voyais pas ce que la religion avait à voir avec le combat syndical (bon d'accord, il y a eu des prêtres ouvriers) ; mais j'estime enfin qu'il n'y a pas de raison pour que les musulmans, par exemple, la deuxième religion de France, ne soient pas représentés.
Bref, tout cela puait atrocement du cul, et je n'étais pas corrompu à ce point pour accepter de me prêter ainsi à des magouilles carriéristes heurtant mes convictions profondes. Tout ne s'achète pas, n'en déplaise à ces escrocs, et chez moi, j'ai appris que l'honneur n'a pas de prix. Je suis resté fidèle à l'adage, en ce qui me concerne. Après, chacun voit sans doute midi à sa porte. Pour moi, en tout cas, midi n'avait clairement pas sonné.