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Sérendipidité & Ultracrépidarianisme

Sérendipidité & Ultracrépidarianisme

*balades en absurdie - instantanés - portraits - réflexions sur le temps - exalter l'expertologie *


Ecriture

Publié le 1 Janvier 2021, 23:36pm

Catégories : #Témoignages

Ecriture

J’ai parlé il y a peu, à propos des chiffres et des lettres, de l’écriture. Vaguement, de loin. Au sujet de l’origine de nos alphabets, souvenez-vous. Du cunéiforme et des hiéroglyphes, passés à des lettres en « koinê », adoptables par tous. Et des boustrophédons. Ah ! Les boustrophédons ! Pourquoi les sonorités de ce mot m’évoquent-elles de gros bourdons en train de vrombir dans un ciel clair et dégagé ?

J’ai parlé du bouillon de culture méditerranéen, dérivant du phénicien, de l’égyptien, du grec, du latin, ainsi que du celte. Parce que, comme son nom l’indique, cette région était considérée comme le Centre d’un monde plat1, autour duquel les astres se mouvaient, et dont on n’était jamais sûr que le jour se lèverait le lendemain – que ce soit au propre ou au figuré.

Or d’autres civilisations existaient. Nous éliminerons l’univers russophone, qui a d’assez fortes ressemblances avec ce que nous connaissons déjà, avec son alphabet conçu par St-Cyril et St-Méthode au IX° siècle ; pour envisager plutôt l’Empire du Milieu (tiens ! tiens!), l’extrême-Orient dont le Japon et tout le sous-continent indochinois – bel enjeu colonial - ; mais aussi le Nouveau Continent.

 

En ce qui concerne l’Amérique du Nord, c’est bien simple : il y eut bien civilisation, malgré ce qu’ont considéré les colons blancs, racaille européenne en grande partie2, même si l’écrit n’était pas leur fort. Beaucoup plus à l’écoute de la Mère Nature, ils en ont adopté les rythmes avec un certain nomadisme, de mauvais aloi pour le citadin européen. Comme on s’est acharnés à les réduire à l’impuissance à défaut du néant, on a détruit également pas mal de vestiges de ce qui existait avant et au début de la « cohabitation » forcée avec l’homme blanc.

Plus au sud, régnaient les différentes civilisations aztèques, mayas, toltèques, etc, dont restent peu de vestiges là aussi, grâce à la connerie de nos ancêtres. Entre la folie de l’or, pour lequel tant de sang a été répandu, et le fanatisme d’illettrés illuminés, la dévastation a été quasi totale.

Considérée comme le véhicule de l'idolâtrie par les Espagnols, la plupart des codex mayas finirent brûlés dans des autodafés au XVIe siècle. Le franciscain Diego de Landa, fit preuve en la matière d'un zèle particulier en ordonnant la destruction de la totalité des codex du Yucatán à Maní, le 12 juillet 1562 : 27 codex, 13 autels en pierre de grande taille, 22 pierres de petite taille, 197 vases peints et 5 000 « idoles de différentes tailles et formes » furent détruits, en même temps que des dizaines de prêtres mayas furent torturés et pendus.

La Sainte-Inquisition n’a pas grand-chose à remontrer aux divers dégénérés salafistes actuels3

 

Malgré cette incommensurable connerie criminelle, certains monuments ont tout de même gardé des traces des glyphes mayas. Les scientifiques qui étudièrent donc la chose après la curée constatèrent que l’écriture en était logosyllabique, en quelque sorte – et grossièrement – l’équivalent de l’égyptien. Très complexe à manier, réservée aux castes supérieures, ce qui explique également leur non-persistance.

Les codex détruits, dont peu ont rescapé (4 subsistent : à Mexico, Paris, Dresde et Madrid) étaient formés de papier amate (une spécialité locale), mais j’ignore « l’outil scripteur » - comme le qualifieraient nos éducateurs contemporains : calame, pinceau ?

Je me souviens en revanche que, gamin, j’avais été très impressionné par la découverte des quipus quechua, ainsi que de leur transmission par coursiers à pied – mon imaginaire avait été frappé.

Les quipus étaient des cordelettes à nœuds ; la graphie n’en était donc pas très difficile.

 

Pour revenir aux Chinois et Japonais, nous connaissons leur écriture complexe, à base d’idéogrammes4. Ainsi que les supports de transmission : papier de riz et pinceau, essentiellement. Outre que l’art du pinceau me semble relativement complexe et nécessite un art consommé, il y a une autre question que je me suis posé.

Je sais, ça peut paraître con : mais comment font-ils avec leurs claviers d’ordinateur ?(puisqu’il n’y a quasiment plus de machines à écrire traditionnelles, malgré la persistance des bouliers).

 

1C’est un constat historique, non pas une apologie de ce système de pensée.

2N’oublions pas que du temps de nos glorieux rois Louis, on exportait dans la Louisiane de l’époque, grande contrée s’étalant vers l’Ouest des actuels USA, depuis le Canada jusqu’à l’embouchure du Mississippi, en priorité les indésirables, prostituées et gens de sac et de corde ; je suis persuadé que sa Glorieuse Majesté faisait de même pour le Royaume-Uni.

3Pour ceux qui auraient encore une parcelle de doute, souvenez-vous de la fameuse Controverse de Valladolid en 1550, où il a été question de savoir - entre autres choses – si les Amérindiens avaient une âme ; les Noirs d’Afrique étant considérés comme n’en ayant pas, ce qui justifia leur esclavage et leur commerce.

4C’est la complexité de ces idéogrammes qui a fait que, même si la Chine a inventé l’imprimerie bien des siècles avant Gutenberg (ils imprimaient d’ailleurs du papier monnaie – impensable pour nos occidentaux cristallisés sur leurs bourses garnies de monnaies « sonnantes et trébuchantes », dont la valeur était essentiellement fixée sur le poids d’or ou d’argent qu’elles renfermaient). L’Occident n’a pas attendu l’€uro capitaliste pour commercer.

 

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