Hier, je suis parti me balader un peu. Ça m'a changé l'air du bocal. Et, comme souvent quand on sort et que l'on croise des gens, cela s'est montré assez riche en enseignements.
Tout d'abord, un truc tout con. Comme j'étais dans ma voiture, à avaler du kilomètre, j'écoutais la radio. Et entre conneries débitées par des animateurs jeunistes et survoltés se vantant d'une scolarité lamentable mais d'avoir réussi dans la vie parce qu'ils ont accédé au statut d'Animateurs, -parce que ça fait FUN-, j'ai appris une info.
Le 1er septembre correspondrait, selon leurs dires, à l'automne des météorologues -qui finirait donc le 30 novembre, contrairement au calendaire, qui commence le 22 septembre et s'étale jusqu'au 21 décembre.
Une recherche Wikipédia me confirme l'info et m'apprend enfin que l'automne astronomique a commencé dans l'hémisphère Nord le 7 août pour finir au 7 novembre (pas étonnant que cette fin de mois d'août soit presque polaire avec des températures passées brusquement de 40 à 16° Celsius).
Du coup, comme je dis souvent, je me suis couché un peu moins con. On en apprend décidément tous les jours...
Deuxième point fort, j'ai visité 6 commerces dans ma journée. Tous ont scrupuleusement affiché la communication gouvernementale imposant le port du masque. Je ne m'étendrai pas une fois de plus sur cette fumisterie mystification. En tout cas, tous ceux avec qui j'en ai discuté sont excédés par la gestion gribouille de la crise, compensée par des Ukases assassins. (Plus leur connerie et leur laxisme manifesté a été grand, plus la sévérité des mesures maintenant est draconienne -et imbécile ai-je envie de rajouter- c'est d'ailleurs ça qui révolte le plus les gens).
Les gens râlent, mais ils le mettent quand même, ce putain de masque. Au point que j'en ai croisé un, sur la route, seul au volant de son fourgon, qui l'arborait. Sans doute pour ne pas contaminer son volant...
Même au resto, à midi, où je me suis arrêté pour me sustenter. Je me suis questionné comment j'allais procéder, avant de poser le mien. On m'aurait interpellé, j'aurais demandé qu'on me montre comment je fais pour manger et boire avec (pour les ceusses qui frémissent devant tant d'inconscience de ma part, je l'ai quand même remis en partant -jusqu'à ma voiture).
Au resto justement -enfin un Kebab/Tex-Mex/Pizza/Panini, bref on surfe sur toutes les tendances du snack chébran et djeun's-, je me suis amusé face à des pailles proposées en papier.
Première réflexion : leur diamètre est double par rapport aux pailles traditionnelles en plastique. Ça dépayse, disons. Hormis pour un milk-shake ou un granité, je n'ai pas trouvé l'expérience très probante (mais je suis un vieux con).
Seconde réflexion : une paille en papier, c'est bien, c'est écolo. Avec le papier posé sur mon plateau pour mon grec et les frites, ça va, rien à dire. Mais avec le contenant en PVC de mon ayran et la petite fourchette à frites en plastique, voire...
Au retour, je me suis fait plaisir. J'ai emprunté les petites routes sinueuses de la région. Les vaches étaient dans les prés qui broutaient ou ruminaient languissamment dans les prés. Un cheval abrité sous un arbre, dans un coin de champ. Et puis plein de tournesols, des grands, des petits, des déjà récoltés. Du maïs aussi, en veux-tu en voilà, dont c'est la pleine récolte, les tracteurs sillonnant assidûment les routes vers l'ensilage.
Des pommes aussi, chues de leurs arbres -quand je pense au prix qu'on les paye ! Et puis partout, des quetsches, des mirabelles, sur les arbres, ou ramassées et proposées à la ventre, entre 1.50 et 2.50€ le kilo.
Et le ciel moutonné. Un coup gris et mouillé, un coup parsemé d'azur et traversé de part en part par des rayons du soleil qui s'éloigne. C'était beau, j'en aurais mangé.
Le soir, en garant ma voiture, je tombe sur des touristes en camping-car, immatriculés 22. On cause, on parle des sites à visiter dans le coin. Ils me disent qu'ils aimeraient bien se rendre au Struthof. Je me souviens, j'y suis allé dans les années 80, j'ai encore dans le nez l'odeur et l'impression dans les yeux de ces fours crématoires.
Le monsieur me dit qu'il a lu des ouvrages d'anciens déportés. Il évoque également Oradour-sur-Glane. Et on tombe d'accord, lui et moi, dont aucun ne porte de masque : le courage qu'il a fallu à ces gens-là pour résister à la barbarie nazie ; et nous, avec nos pauvres masques...
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