Petit texte de 01/2017, un peu retravaillé:
Qu'est-ce que c'est que d'être "normal" ?
Ça veut tout simplement dire qu'on est dans les "normes", une moyenne; à l'abri des extrêmes... Qu'on n'a aucune originalité, aucune particularité. Qu'on est formaté, interchangeable, "kleenexable" autrement dit jetable. Qu'on est quelconque, enfin. Moyen, comme le fameux "Français Moyen".
Qu'on est "accepté" -toléré ?- par la société, non rejeté comme les marginaux.
Et pourtant, pour être marginal, nul besoin que ce soit ostensible comme nos chers amis les punks.
Plaire ? Plaire à tout le monde, c'est ne plaire à personne; c'est juste servir de reflet à l'autre. Qui a trop d'amis n'en a aucun.
Moi, j'ai choisi de laisser vivre l'enfant qui est en moi; de ne plus chercher à l'étouffer sous la tartuffesque excuse de la vie en société et de pli aux mœurs environnantes.
A 50 balais passés, je vis ma révolte adolescente, que je n'ai pas vécue à l'époque, car j'étais un bon fils, un bon petit soldat...
Et je vomis cette société de merde, où tu n'as de valeur que marchande, sans âme, sans reconnaissance, sans amour.
J'ignore et veux ignorer ma valeur, car l'estimer veut dire se référer à un étalon, une norme.
Au lieu de gâcher ma vie à tenter de la gagner, je voudrais la vivre, pleinement.
Aimer, sans restrictions; détester et haïr toute cette corruption ambiante; continuer à refuser de me couler dans le moule, malgré 22 ans de fonction publique.
Je sais que je ne suis pas le 1er à chercher à m'affranchir du carcan; que ce n'est plus très original à force... La normalité m'aurait-elle rattrapé ?
On m'a dit (un psy qui vendait de la philosophie, et qui n'en avait pas un échantillon sur lui) que je n'avais pas assez de recul, que je devais en prendre.
Pour accepter quoi ?
Accepter l'inacceptable car inhumain, déshumanisé ?
Gardez votre argent !
Donnez moi de l'amour, des arbres, du ciel bleu, des oiseaux, de la chaleur, et encore de l'amour.... De l'amour inconditionnel, non tarifé, non marchand. Donnez-moi vos tripes, votre chaleur.
Les miennes sont là, avec les arbres, les oiseaux, le ciel bleu et la chaleur.
Putain de vie, quand m'aimeras-tu enfin ?
